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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 07:09
Le npa est partie prenante de RESF.
 
RESF 63

Dans la nuit du 20 au 21 septembre 2011, Basrijé Bezjacu donnait naissance - à 26 semaines de grossesse - à une petite El Médina décédée dans les heures qui ont suivi.

 

Le 17 août dernier, Francis Lamy, préfet du Puy-de-Dôme, ordonnait l'arrestation à Clermont-Ferrand de la famille Bezjacu, et son transfert au Centre de Rétention de Lille. Cette famille Rom Kosovar, avec trois enfants de 10, 7 et 3 ans dont la maman était enceinte de 5 mois, était libérée quatre jours plus tard par un juge des libertés et de la détention. Dans sa décision, il soulignait au sujet de la mère que « le risque d'atteinte à sa santé et à la santé du bébé, consécutif au stress induit par la situation de rétention qui lui a été notifiée au petit matin, immédiatement suivie d'un déplacement géographique d'une durée de 10 heures, est totalement disproportionné au regard de l'objectif d'éloignement poursuivi par les autorités [...] Il ressort de l'ensemble de ces éléments que le traitement subi par cette famille est inhumain et dégradant. »

Ce qui n'empêchait pas le Secrétaire Général de la Préfecture, Jean-Bernard Bobin, de déclarer aux journalistes de La Montagne, dans l’édition du 22 août 2011 : « Le tribunal nous a donné raison sur tous les points. » Et Martine Couderc, directrice départementale de la police, de rajouter trois jours plus tard : « La prise en compte des besoins de la famille se fait dans des conditions humaines auxquelles tout fonctionnaire de police est très attaché. [...] Nous laissons le temps aux familles de préparer leurs bagages, nos véhicules sont équipés de lait maternisé, de couches-culottes, de sièges bébés. De plus, l'interpellation ne peut pas mal se passer, nous n'avons pas de pouvoir de coercition dans ce cadre-là de mission, les familles nous suivent de leur plein gré. [Le trajet vers Lille s'est passé] sans souci particulier. »

 

Pourtant, dès le retour de la famille à Clermont-Ferrand, madame Bezjacu était hospitalisée en urgence au service des grossesses à haut risque pour un dé-collement du placenta. L'un des médecins déclarait aux journalistes que « sur un plan de logique médicale, c'est une évidence que ce décollement du placenta est la conséquence directe de ce trimballement à Lille et du choc de l'arrestation. »

 

Aujourd'hui, une famille est en deuil ; la population clermontoise éplorée et choquée.


Le préfet du Puy-de-Dôme Francis Lamy, le Secrétaire Général de la Préfecture Jean-Bernard Bobin, la directrice départementale de la Sécurité Publique Martine Couderc vont-ils s'exprimer demain dans les médias pour dire qu'ils ont eu raison sur tout ? Que madame Bezjacu, son mari et leurs trois enfants sont partis au Centre de Rétention de Lille de leur plein gré dans des voitures munies de couches-culottes ? Ou bien vont-ils expliquer par voie de presse que madame Bezjacu n'a pas accouché prématurément et que la petite El Médina n'est pas morte ?

 

A moins qu'ils ne se taisent en un silence assourdissant...


Nous, militants du Réseau Éducation Sans Frontières 63, nous ne nous tairons pas.

 

Nous nous opposons, plus que jamais, à la traque des étrangers, leur arrestation, leur emprisonnement dans les Centres de Rétention et leur expulsion. Nous dénonçons et condamnons, inlassablement, cette politique de l'immigration inhumaine et dégradante, à l'origine de drames quotidiens et qui engendre la mort.


NE NOUS TAISONS PAS

RASSEMBLEMENT

MERCREDI 28 SEPTEMBRE A 18H

DEVANT LA PRÉFECTURE DE CLERMONT-FERRAND

 

 

 

 

 


 


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