Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 15:50

L'hypothétique reconnaissance  de "l'Etat palestinien" à l'ONU pourrait-elle permettre de modifier les rapports de forces en faveur des palestiniens? Rien est moins sûr. 

 

etat palestine onu

 

 Depuis une trentaine d'année, la direction"Historique" de l'OLP a fait le choix d'une "solution négociée" avec Israël sous parrainage état-unien. Cette stratégie s'est concrétisée en 1993-1994 avec les accords d'Oslo qui, selon leurs promoteurs, ouvraient une période intérimaire au cours de laquelle les négociations devaient mener à la coexistence de deux Etats et à une "solution juste" concernant Jérusalem et les réfugiés. Rien de tel ne s'est produit.: entre 1993 et 2000, le nombre de colons israéliens doublait, tandis que la promesse de la libération prochaine était sans cesse repoussée

 

AUTORITE PALESTINIENNE

 

Dans le même temps, l'OLP achevait de se transformer en appareil d'État - sans État - investissant ses forces dans la construction de l'Autorité palestinienne (AP). L'AP  a progressivement trouvé sa propre raison d'être, avec le  développement d'une couche sociale (ministres, conseillers, responsables des forces de sécurité, négociateurs, hauts fonctionnaires, etc.), bénéficiant  de gratifications matérielles  et symboliques non pas  dépendantes de la satisfaction des droits nationaux des Palestiniens  mais de la survie de  l'appareil d'État et de la poursuite des négociations.

 

C'est ce décalage de plus en plus flagrant entre la «direction historique» et la population qui a conduit cette  dernière à voter contre les  sortants en janvier 2006,  en privilégiant le Hamas,  alors peu suspect de corruption ou  de volonté de collaboration avec l'occupant. Un vote qui signifiait la mort d'Oslo et du projet d'établissement, au sein des territoires occupés, d'une direction palestinienne à la fois légitime auprès de la population et prête à brader ses droits. Un projet que d'aucuns ont cru pouvoir ranimer en soutenant la tentative de renversement du Hamas à Gaza et la mise en place à Ramallah,  contre le verdict des urnes, du gouvernement de  Salam Fayyad, ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale et du FMI.

 

Déclaration unilatérale d'indépendance

   

Ce dernier a progressivement opéré un changement de paradigme dans la gestion de la question palestinienne: pour Fayyad, c'est un processus volontariste de state building qui permettrait de mettre un terme à l'occupation israélienne,et non la fin de l'occupation qui permettrait de construire un État palestinien.

 

Le corollaire de ce changement était   la "déclaration unilatérale de l'indépendance" prévue à l'origine pour juillet 2011, à laquelle s'est progressivement substituée  la reconnaissance onusienne :   à la construction de l'État «par  en bas» s'ajoute désormais à la reconnaissance de l'État «par en haut», c'est-à-dire par les instances internationales, au premier rang desquelles ONU.

 

Dépendance

   

Mais de quel État parle-t-on ? Les quelques bantoustans palestiniens

 ne survivent que grâce aux centaines milliers de dollars et d'euros qui

affluent dans les territoires occupés. Une dépendance économique doublée d'une dépendance politico-sécuritaire à l'égard d'Israël, qui peut à tout moment fermer les frontières ou les checkpoints et paralyser toute vie en Cisjordanie,à l'image de ce se passe à Gaza. Est-ce ce pseudo-État que la direction de l'AP entend faire reconnaître à l'ONU? Qui pourrait croire que cette «reconnaissance» représenterait un quelconque progrès pour les Palestiniens ?

 

Certes, les États-Unis ont déjà annoncé qu'ils s'opposeraient à l'admission de la Palestine comme État membre,et Israël a tenté de décourager connaître un maximum d'Etat de reconnaître l'Etat palestinien.

 

Les États-Unis ne veulent pas «lâcher» l'allié israélien mais souhaitent éviter de recourir à un véto qui dégraderait encore un peu plus leur image dans une région en plein bouleversement et au sein de laquelle ils tentent de se repositionner. Quant à Israël... Comment un gouvernement qui refuse de démanteler le moindre logement dans les principales colonies de Cisjordanie

aurait-il pu faire autre chose que s'opposer à une revendication palestinienne ?

 

    DERNIERE CARTOUCHE

   

La démarche à l'ONU, loin de représenter un quelconque progrès pour les Palestiniens est en réalité la « dernière cartouche» d'une direction palestinienne qui tente de sauver sinon de ressusciter, le projet politique auquel elle est identifiée et qui lui assure sa survie économique et politique depuis plusieurs décennies. Elle est prête pour cela à prendre le risque, en faisant du mot d'ordre de l'État l'alpha et l'oméga de ses gesticulations

diplomatiques, de donner une légitimité internationale aux bantoustans et de marginaliser   définitivement les réfugiés et les Palestiniens d'Israël.

 

CRITIQUES

   

Le projet de l'AP est très largement critiqué dans les territoires occupés et chez les Palestiniens de l'exil, qui accusent la direction de Ramallah de s'éloigner encore plus des aspirations du peuple palestinien. C'est pourquoi ce

qui inquiète réellement Israël est ailleurs que dans les .travées de l'ONU. En témoigne cet aveu, sous le sceau de l'anonymat, d'un haut gradé de l'armée israélienne:

  «si nous devons faire face à des manifestations du même type qu'en Egypte ou en Tunisie, nous ne pourrons absolument rien faire» 1

 

1 IDF has no way ofstopping mass non-violent protest in West Bank'» Haaretz.com, 29 juin 2011.

 

      Article de Julien Salingue dans le TEAN n°115 du 15 septembre 2011

 

 

    Pour s'abonner à TOUT EST A NOUS (Presse du NPA) ICI

 

PHOTO DU RASSEMBLEMENT A CLERMONT

POUR LA RECONNAISSANCE DE L'ETAT DE PALESTINE PAR L'ONU

 

 

 

palestine-clermont.png

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog du npa-63
  • : Campagne du NPA
  • Contact

Recherche