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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 10:54

Depuis 2003, l’État français a relancé l’idée du tout-TGV par la création d’un grand nombre de lignes à grande vitesse (LGV).

 

Défendre le rail contre la route ou l’avion peut paraître séduisant, mais la grande vitesse, c’est surtout opposer une forme de rail à une autre forme de rail. Démonstration avec le collectif contre la ligne Paris-Orléans-Clermont-Ferrand-Lyon.

 

Au cœur du réseau ferré français, le projet « Cœur de France », Paris-Orléans-Clermont-Ferrand-Lyon (POCL) qui consiste à relier Paris à Lyon par une nouvelle ligne à grande vitesse, présente toutes les caractéristiques du projet inutile et coûteux !

 

 

Le déménagement du territoire

 

Les arguments avancés pour la construction de la LGV-POCL sont « le développement économique, le désenclavement, l’attractivité, l’aménagement du territoire »...

 

Mais il n’y a en réalité aucun lien automatique entre construction d’une LGV et développement économique, parce que les lignes LGV accentuent la concurrence entre territoires.

 

Toutes les études montrent qu’elles contribuent à la polarisation et à la métropolisation, donc concourent à vider les territoires ruraux et les villes moyennes.

 

En réalité, elles participent au déménagement du territoire.

Comment peut-on faire croire qu’une infrastructure à grande vitesse, reliant le plus vite possible deux métropoles va corriger les insuffisances d’une politique d’aménagement du territoire fondée sur la compétition ?

 

L’alibi de la vitesse et de la saturation

 

Le principal produit d’appel reste bel et bien la vitesse face à la concurrence de l’avion, ainsi qu’une évaluation tendancieuse de la saturation de la ligne Paris-Lyon. Le calcul des saturations à quinze ans fait par Réseau ferré de France (RFF), basé sur des projections de fréquentation, est remis en cause aujourd’hui. Le nombre de voyageurs est en effet stable depuis plusieurs années.

 

La rentabilité de cette ligne repose sur du Paris-Lyon-Marseille à grande vitesse... par ailleurs contradictoire avec le nombre de dessertes annoncées dans le projet initial.

 

Mettre Clermont-Ferrand à deux heures de Paris représente un coût inutile au regard du nombre de voyageurs concernés. La rénovation de la ligne existante mettrait Clermont à 2 h 30 de Paris pour dix fois moins cher.

 

Mais la modernisation des lignes classiques ou la création de lignes de proximité, qui apportent un vrai maillage du territoire – notamment dans les villes moyennes et les bourgs – ont été vite écartées dans la mise en place du projet.

 

L’environnement sacrifié

 

 

Les impacts environnementaux n’ont pas non plus été soumis au débat. Dans ce cadre les dégâts seront considérables. Avec un tracé de plus de 500 km clôturé de part et d’autre, la LGV-POCL va entraîner une fragmentation irrémédiable du territoire pour les habitants, la faune et la flore, et accentuer la perte de biodiversité.

 

C’est également une perte de milliers d’hectares de terres cultivables. Selon un rapport de l’Inra de juillet 2009 : « Les sols artificialisés en France occupaient 4, 6 millions d’ha en 2003, soit plus de 8 % du territoire national », un phénomène qui ne cesse de croître de manière inquiétante.

 

Le train des élites

 

 

Celles et ceux qui paient le TGV ne sont pas ceux qu’on pense : les places des cadres sont souvent payées par leur entreprise. Il sera impossible d’équilibrer le coût de la LGV par le prix du billet et c’est l’ensemble des contribuables qui paiera.

 

Par ailleurs, sur les 5 millions de passagerEs du train, seulEs 300 000 empruntent un TGV.

 

Il s’agit avant tout d’un projet élitiste qui répond au besoin d’une minorité de privilégiés, face à une majorité de la population qui roulera dans les trains déclassés et plus lents qu’aujourd’hui.

 

Sur le plan financier, ce projet ruineux va peser pour environ 6 milliards sur l’État et 6 milliards sur les collectivités locales, au détriment de la modernisation des lignes actuelles et de la création de lignes de trains de proximité tant attendues par la population.

 

POCL est un projet inutile ! Il nous faut donc combattre un projet qui répond davantage à l’ego démesurés des éluEs et aux intérêts du groupe de pression du BTP qui se cache derrière RFF, qu’aux besoins des populations des régions concernées.

 

AFFiche-non-au-TGV.png

 

 

La bataille des TGV : fin de partie ?

 

 

Il manquera peut-être 50 km à la ligne Rhin-Rhône après des années de travaux. La ligne Lyon-Turin, contre laquelle les collectifs NO-TAV se battent depuis 20 ans, pourrait ne jamais voir le jour.

 

 

Quels seront les critères appliqués par la commission qui décidera à la fin de l’année de l’abandon des projets ? La presse évoque déjà le coût des projets (86 milliards pour l’État, plus encore pour les collectivités locales), le faible temps de transport gagné et leur fréquentation... autant d’arguments de simple bon sens avancés depuis longtemps par les collectifs militants face aux élites à l’origine de ces projets.

 

En revanche, d’après un représentant de RFF, « les lignes construites en partenariat public-privé, c’est-à-dire Tours-Bordeaux, Metz-Nancy, Le Mans-Rennes et le contournement Nîmes-Montpellier, dont le contrat est déjà signé, ne devraient pas être touchées »... L’État avoue ainsi sa dépendance aux grands groupes privés.

 

Le ministre tente de reporter la faute sur les gouvernements UMP, sur « ceux qui ont prévu une multitude de projets sans avoir le début du commencement du moindre financement ».

 

C’est oublier que la plupart de ces grands projets de TGV sont défendus par des notables du PS, rejoints par leurs alliés électoraux du PCF.

 

 

Remarque: article extrait de TEAN n°158 Grands projets imbéciles la convergence des luttes en europe(à lire ici)

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