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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 12:27

COMMUNIQUE DU NPA DU 25 JANVIER 2015

 

 

La victoire électorale de SYRIZA est une excellente nouvelle, porteuse d'espoir pour toutes celles et tous ceux qui partout en Europe combattent les politiques d'austérité.

 

Par son vote, le peuple grec a dit qu'il ne veut plus des mémorandums, de la corruption et du pillage. Il a voté pour  le plein rétablissement de la libre négociation collective par les travailleurs et les syndicats, pour le retour du 13e mois pour les pensions et du salaire minimum de 750 euros, pour l'arrêt des privatisations, pour l'accès à la santé et à l'électricité...

 

Il aura besoin de toute son énergie, de toute sa combativité, de toute sa capacité de mobilisation pour imposer ses exigences face à la troïka, aux banquiers et aux multinationales.

 

Il aura aussi besoin d'une puissante solidarité internationale pour faire respecter son choix démocratique face à toutes les menaces et tous les chantages.

 

Le soutien le plus efficace sera de nous battre ensemble pour faire reculer les politiques de régression sociale et nous débarrasser des gouvernements qui en sont responsables.

 

Il y a désormais l'espoir qu'après avoir été le laboratoire européen des politiques austéritaires, la Grèce devienne celui des mobilisations politiques et sociales victorieuses.

 

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 21:56

COMMUNIQUE DU NPA DU 23 JANVIER 2015

CE N'EST PAS EN ARROSANT LES BANQUES QUE L'ON CREE DE L'EMPLOI

La Banque centrale européenne (BCE), la Commission de Bruxelles et les gouvernements des Etats de l’Union Européenne sont préoccupés de la situation de la zone Euro qui constitue le « trou noir » de capitalisme mondial aujourd’hui.

 

La BCE a annoncé jeudi un programme d’achat de titres publics et privés de plus de mille cent milliards d’euros, qui va démarrer en mars prochain pour se poursuivre jusqu’en septembre 2016. Soit 60 milliards par mois. C’est l’achat de titres publics (emprunts d’Etat) qui constitue une innovation.

 

Il s’agit de donner un ballon d’oxygène aux banques et aux entreprises européennes. D’abord en faisant baisser le cours de l’Euro par rapport au dollar. Ensuite en espérant que les banques et autres organismes financiers apportent des capitaux aux entreprises et qu’ainsi les investissements et la croissance reprennent.

 

Si l’Euro va continuer de baisser et ainsi favoriser les exportations européennes, on peut douter des autres effets ; comme le dit un responsable d’un institut de recherche européen : «  Ce n’est pas la BCE qui crée des emplois ».

 

Au final, la décision de la BCE pourrait bien ne servir qu'à alimenter les profits des banques et des entreprises, la bulle financière.

 

De plus, jeudi, Mario Draghi, tout en lançant son programme, a renouvelé un appel aux « réformes structurelles, comme la loi Macron en France ou le Jobs Act en Italie. En fait, les décisions de la BCE (comme le plan d’investissements de Juncker, le président de la Commission) sont comme des « emplâtres sur une jambe de bois » : rien de fondamental n’est changé au paradis des banquiers et grandes entreprises qui utilisent leur trésorerie pour spéculer. 

 

Il faut noter une mesquinerie significative : la dette grecque sera hors programme sauf si les accords avec le FMI sont respectés : il s’agit de « mettre un peu de pression sur les Grecs » constate un banquier.

Plutôt que s’extasier sur la décision de la BCE, l’heure est à la lutte contre la loi Macron et à la solidarité avec le peuple grec.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 23:23

COMMUNIQUE DU NPA DU 20 JANVIER 2015

APRES LES ATTENTATS DU 7 ET 9 JANVIER, UNE OFFENSIVE SECURITAIRE QUI VISE TOUTE LA POPULATION !

Plus d’une centaine d’actes islamophobes recensés durant le mois de janvier, le double de celui de l’année dernière, des ivrognes, des personnes souffrants de troubles psychiatriques, condamnés à de la prison ferme pour avoir blasphémé contre l’union nationale.

 

Des lycéenNEs qui se sont expriméEs contre le « je suis Charlie », dénoncéEs par des profs ou des proviseurs, inculpéEs après 90 heures de garde à vue, d’apologie d’actes terroristes et condamnéEs sur l’injonction de Mme Taubira à de la prison ferme. 3 animateurs de centres de loisir à Lille et une « pervenche » à Paris menacéEs de licenciement pour avoir refusé la minute de silence.

 

Un renforcement des mesures policières et militaires, le déploiement de l’armée dans les quartiers populaires, une justice expéditive qui bafoue les droits de la défense, la Protection Judiciaire de la Jeunesse (pjj) sommée de participer à la police du renseignement, l’abandon de toute vocation éducative de l’école parce que parler dans une classe, même hors les clous, devient dangereux.

 

Le renforcement du fichage sans limite, des quartiers de sécurité dans les prisons, pour des programmes de dé-radicalisation, véritable Guantanamo à la française.

 

Les sous produits de l’union nationale ont une sinistre figure. De la droite au PS tout le monde s’est récrié contre l’instauration d’un éventuel « Patriot Act » à la française. Evidemment il est déjà en place et à l’œuvre !

 

Face à cette politique liberticide et islamophobe contre la jeunesse et les habitants des villes populaires, le NPA appelle à la résistance. Il appartient à toutes les forces associatives, syndicales et politiques, de se regrouper et de s’opposer à cette dérive sécuritaire qui ne peut qu’aggraver les inégalités, les discriminations, le racisme, pour défendre la démocratie et la liberté.

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 19:26

À lire aussi sur le site de la commission santé sécu social du NPA : ICI

 

 

 

Les dispositions sur la santé ont été retiré de la loi Macron et seront examiné ensuite dans le cadre de la loi « de santé », mais un article concernant la santé publique y est maintenu.

 

A la suite de réactions du mouvement des donneurs de sang l’amendement visant introduire dans la loi Bachelot (loi HPST) la suppression du caractère public du laboratoire français de fractionnement et biotechnologie (LFB) avait été supprimé.

 

La fabrication des médicaments dérivés du sang issus du fractionnement du plasma restait donc exercé exclusivement par une filiale détenue majoritairement par l’État ou par un établissement public.

 

Mais s’appuyant sur une directive européenne, faisant suite à la plainte contre la France de trois multinationales auprès de la commission de Bruxelles pour atteinte à la libre concurrence, l’art 48 de la loi Macron prévoit de modifier le code de la santé publique et de privatiser le marché du plasma.

 

Ce produit ne sera plus considéré comme un produit sanguin et mais relèvera du statut du médicament et donc du secteur concurrentiel et des laboratoires privés.

 

L’usine de Bordeaux de l’Établissement Français du sang (EFS) a déjà arrêté la production de ce plasma le 24 octobre faute de renouvellement de l’agrément. Au niveau national 500 équivalents temps pleins sont menacés ;

 

Le plasma produit à partir du sang sera fabriqué par les six multinationales spécialisés dans le commerce des produits humains. (un marché de10 milliards d’€) et leurs sous-traitants dans le monde.

 

Cela pose problèmes de sécurité, le contrôle des produits : leur origine, des règles instaurés à la suite de l’affaire du sang contaminé ne s’imposeront plus.

 

Et des problèmes éthiques : Le don du sang anonyme, volontaire, gratuit, donc hors commerce qui prévaut en France est menacé par ces produits provenant de prélèvements rémunérant les populations pauvres qui vendent leur sang et leur plasma.

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 18:36
DOSSIER "LA LOI MACRON"

Le 26 janvier prochain s’ouvrira le débat parlementaire sur la loi Macron. Si plusieurs mauvais coups en ont été retirés, c’est pour mieux être portés plus tard : ainsi, la réforme de la médecine du travail devrait ainsi ressurgir dans un texte sur la santé au printemps. Ce projet de loi contient toujours des attaques majeures pour les droits des travailleurs : au-delà de la généralisation du travail dominical (article 1), il s’attaque aux prud’hommes et à l’inspection du travail (article 2), facilite encore un peu plus les licenciements économiques et les plans sociaux (article 3) et ouvre de nouveaux secteurs à la logique capitaliste (article 4).

 

La méthode est tout autant significative que le contenu de la loi. D’abord parce que Macron veut passer par ordonnances sur bien des points : la comédie du dialogue social est remisée au placard car le gouvernement sait qu’il ne trouvera aucun soutien, même parmi les directions syndicales qui l’ont soutenu précédemment, tellement son projet est régressif...

 

Ensuite parce que c’est le ministre de l’Économie qui légifère sur des matières qui touchent la justice, le travail, la santé. Pour le gouvernement PS-Medef, l’ensemble du droit doit désormais être au service de la compétitivité et des profits du patronat.

 

Macron entend faire passer sa loi avant la raclée programmée des départementales-cantonales de mars 2015. Le projet de loi est présenté en procédure d’urgence, avec une seule lecture au Parlement. Il est donc tout aussi urgent de nous mobiliser !

 

Si les confédérations sont pour le moment complètement passives, l’intersyndicale du commerce francilienne appelle d’ores et déjà à la grève le 26 janvier, jour de l’ouverture du débat parlementaire.

 

A nous de faire en sorte que cette date soit le plus largement reprise afin de construire une mobilisation unitaire pour le retrait du projet de loi.

DOSSIER "LA LOI MACRON"

Depuis 1906, le code du travail prévoit que « le repos hebdomadaire est donné le dimanche ». à l’époque, cette loi avait été adoptée sous la pression de l’action syndicale et des mobilisations sociales...

 

Si le projet de loi Macron ne compte pas revoir cette formulation, il n’en constitue pas moins une pierre de plus sur le chemin de la déconstruction du droit du travail. Le principe du repos dominical est déjà remis en cause par de multiples dérogations. La nouvelle loi facilitera un peu plus encore le développement du travail le dimanche, en particulier dans le commerce.

 

Concrètement, que prévoit le projet de loi ? L’ouverture sur décision du maire 12 dimanches par an. Les commerces de détail non alimentaires pourront ouvrir, sur décision du maire, 12 dimanches par an au lieu de 5 actuellement.

 

Sur ce point, il y a débat au PS : à partir de combien de dimanches travaillés est-on vraiment de gauche ? 7 selon Cambadélis… Macron est prêt à en discuter. Un faux débat puisque la loi va surtout élargir les possibilités offertes aux commerces d’ouvrir tous les dimanches. Explications.

 

L’invasion des Puces

 

Les Puces vont infester des zones entières. Actuellement, dans les zones appelées Puce (Périmètre d’usage de consommation exceptionnelle) que le préfet peut créer sur proposition du conseil municipal, et dans les « zones touristiques », les commerces de détail non alimentaires peuvent ouvrir tous les dimanches.

 

On a vu ces dernières années des Puces fleurir un peu partout. Certaines ont même été créées dans des endroits où des inspecteurs du travail un peu trop zélés s’évertuaient à faire fermer des magasins ouverts illégalement. Les Puces n’ont donc en fait plus grand-chose d’exceptionnel. Le projet de loi prend acte de cette réalité et rebaptise les Puces « zones commerciales ».

 

En plus des « zones commerciales » et des « zones touristiques », le projet de loi crée des « zones touristiques internationales ». Elles se trouveront à Paris, notamment autour des Champs-Élysées.

 

Toutes ces zones seront définies par arrêté ministériel. L’ouverture des commerces dans les gares pourra également être décidée par ce biais. Dans les trois types de zones, l’autorisation d’ouvrir le dimanche sera accordée de droit, sans formalisme particulier, et non comme auparavant sur autorisation préalable du préfet qui accordait la dérogation pour cinq ans.

 

Quelles garanties pour les salariéEs ?

 

Pour les salariés des commerces des « zones » précitées, la loi ne prévoit aucune contrepartie minimale, tout doit être prévu par accord. Or ces accords fixant les contreparties pourront être négociés dans la branche, dans l’entreprise ou même dans l’établissement. Donc au niveau où le rapport de forces est le plus défavorable aux salariés.

 

Autre garantie censée être donnée aux travailleurs : ils devront être volontaires. On se passera de commentaire sur cette notion de volontariat dans le rapport de domination qu’est le travail…

 

Seulement les commerces ?

 

N’oublions pas que le travail le dimanche est autorisé de longue date dans de nombreux autres secteurs que le commerce. Dans les hôpitaux ou les transports en commun bien sûr mais pas seulement : une longue liste prévue par le code du travail autorise tout un tas de secteurs très divers à faire travailler leurs salariéEs le dimanche.

 

Ceci est censé être indispensable au bon fonctionnement de l’activité en cause. Mais pourtant, en quoi est-il réellement indispensable que les jardineries ou les services de vente de voyages par téléphone soient ouverts le dimanche ? Surtout que dans ces secteurs, aucune contrepartie n’est prévue pour les salariéEs !

 

Aujourd’hui, selon les données officielles de la DARES datant de 2011, 6 millions de salariéEs travaillent occasionnellement ou habituellement le dimanche, dont la moitié pour la deuxième option.

 

En 20 ans, de 1990 à 2010, la part des salariéEs occupés le dimanche est passée de 20 à 30 %. Bref, on peut dire que le travail le dimanche est en train de devenir la norme. La loi Macron ne fait que renforcer cette tendance, signe d’un rapport de forces toujours plus favorable aux employeurs que seule une mobilisation d’ampleur pourra inverser.

DOSSIER "LA LOI MACRON"

 

Il y a un an et demi, la loi de sécurisation de l’emploi transcrivait l’ANI du 11 janvier 2013 signé entre le patronat, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, et modifiait notamment les règles relatives aux plans de sauvegarde de l’emploi (PSE)...

 

Avec Macron, les PSE, mis en place soit par accord d’entreprise majoritaire avec les organisations syndicales, soit par document unilatéral, sont dorénavant soumis à validation ou homologation de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte).

 

La période d’information et de consultation des comités d’entreprise sur les PSE a par ailleurs été strictement délimitée pour ne plus excéder quatre mois.

 

Plus vite et moins de risques...

 

La conséquence est double : les patrons peuvent licencier plus vite, et avec moins de risques. En effet, la validation ou homologation par la Direccte des PSE ne rend plus possible la saisine du juge des référés afin de suspendre le projet de restructuration avant sa mise en œuvre.

 

Les salariéEs et leurs syndicats peuvent certes contester a posteriori la décision de l’administration, mais entre-temps l’employeur a le droit de licencier et de fermer l’entreprise, rendant impossible toute réintégration même si les salariéEs obtiennent gain de cause.

 

Mais il faut croire que le dispositif n’était pas suffisamment sécurisé au goût du gouvernement et du patronat… Il est vrai qu’une série de jugements des tribunaux administratifs, même s’ils sont en nombre limité au regard de l’ensemble des procédures, a retoqué des décisions de validation ou d’homologation prises par l’État. C’était notamment le cas de la faillite organisée du transporteur Mory-Ducros.

 

D’où les articles 98 à 104 du projet de loi Macron, regroupés sous une section intitulée cyniquement « Amélioration du dispositif de sécurisation de l’emploi », qui viennent faciliter, encore un peu plus, les licenciements collectifs pour motif économique, limiter les droits des salariéEs victimes de ces procédures et éviter aux entreprises de payer des indemnités.

 

Sécurisation de l’emploi... ou liquidation ?

 

Ainsi le projet de loi prévoit tout d’abord la suppression du contrôle exercé par l’administration du travail sur les procédures pour les licenciements économiques de moins 10 salariéEs effectués par les entreprises de plus de 50 salariéEs (article 99).

 

De plus, il supprime l’obligation de rechercher les reclassements des salariéEs licenciés hors du territoire national. Ce sera dorénavant au salariéE de demander la liste des emplois disponibles à l’étranger (article 100).

 

Il prévoit un allègement des obligations de reclassement pesant sur les entreprises en procédure de sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire. Le contrôle de la qualité du plan de reclassement ne s’appréciera plus au regard des moyens dont dispose le groupe, mais de ceux de l’entreprise.

 

Or par définition, une entreprise en liquidation n’a plus d’argent dans les caisses ! Les groupes pourront ainsi organiser la faillite des filiales dont ils veulent se séparer sans avoir à financer le PSE...

 

En outre, les entreprises qui font partie d’un groupe, n’auront plus d’obligation de formation, d’adaptation et de reclassement des salariéEs au niveau du groupe, mais de l’entreprise (article 101).

 

Le projet prévoit aussi la possibilité de fixer le périmètre d’application des critères d’ordre de licenciement (charges de famille, ancienneté, handicap…) à un niveau moindre que l’entreprise. Les entreprises pourront donc décider unilatéralement de réduire ce périmètre à la seule entité concernée par les suppressions de postes, et choisir librement et arbitrairement les salariéEs licenciés (article 98).

 

Enfin, est supprimé le droit à réintégration ou au versement de dommages et intérêts par l’employeur en cas d’annulation d’une décision de validation ou d’homologation d’un PSE pour insuffisance de motivation (article 102).

 

Vraiment, les capitalistes n’en ont jamais assez : même une poignée de décisions de justice défavorables leur sont insupportables. Force est de constater que, à l’inverse des salariéEs licenciés, leurs plaintes ont été immédiatement entendues par le gouvernement 

DOSSIER "LA LOI MACRON"
DOSSIER "LA LOI MACRON"

 

 

Dans la continuité des réformes engagées depuis 2012, le projet de loi poursuit l’affaiblissement de l’inspection du travail et des conseils de prud’hommes.

 

Ça sent toujours plus le sapin pour l’inspection du travail

 

Déjà mise à mal par la réforme Sapin qui supprime 10 % de ses effectifs et qui vise à réorienter son action en limitant son autonomie, le projet Macron cherche à faire passer par ordonnance le projet de loi qui modifie ses pouvoirs, projet déjà retoqué en janvier 2014 par le Parlement.

 

Or ce projet, qui concerne le régime des sanctions en droit du travail, prévoyait de remplacer le système actuel d’amendes pénales décidées par jugement d’un tribunal par des amendes administratives décidées par les Direccte – Directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi –, un titre qui résume la place de l’inspection du travail dans ces services institués dans l’intérêt unique de l’entreprise...

 

Les patrons pourraient ainsi échapper au procès pénal et négocier le montant de leurs amendes avec le Direccte, soumis à l’autorité du préfet et des politiques et dont les intérêts de carrière ne sont évidemment pas compatibles avec la défense des travailleurEs (cf. l’affaire Tefal 1). Le Direccte pourrait même décider d’engager une transaction pénale avec un patron délinquant et donc de mettre fin à un procès pénal engagé par l’agent de contrôle !

 

Les salariéEs et leurs organisations syndicales ne pourraient plus être partie au procès ni se constituer partie civile... Le même sort semble prévu pour le délit d’entrave aux IRP – Institutions représentatives du personnel –, que Hollande souhaite dépénaliser... comme l’a demandé le Medef dans son « livre jaune ». Aussitôt demandé, aussitôt fait !

 

Les conseils de prud’hommes mis au pas

 

Déjà mise à mal par des saignées sous l’ère Sarkozy et par la suppression – toute récente – de l’élection directe des conseillerEs par les salariéEs, le projet accentue le rapprochement de cette justice du travail à la justice ordinaire, en transformant les juges élus, les conseillerEs prud’homaux, en simples assesseurs des magistrats professionnels. Les jugements rendus par les seuls conseillerEs prud’homaux sont en effet suspects d’être trop favorables aux salariéEs. Il s’agit donc de les mettre au pas et de multiplier l’intervention des magistrats professionnels.

 

Plusieurs changements notables sont donc contenus dans le projet, à commencer par la remise en cause de la compétence exclusive des prud’hommes. En introduisant dans le droit du travail les procédures de médiation et de convention participative issues du droit civil, Macron veut développer le règlement des litiges en dehors des prud’hommes et accréditer l’idée que les patrons et salariéEs pourraient négocier leurs différends sur un pied d’égalité...

 

De plus, est créé un bureau de conciliation et d’orientation, avec extension de la formation restreinte. Avec l’accord des parties, ce nouveau bureau pourra renvoyer l’affaire directement vers le bureau du jugement pris dans sa composition restreinte (un conseillerE employeur, un conseillerE salarié), mettant fin de fait à l’obligation préalable de trouver un terrain d’entente avant tout procès.

 

Mais surtout, sur demande du bureau de conciliation, l’affaire pourra même être directement renvoyée en formation de départage, composée de deux conseillerEs et présidée par un juge professionnel, soit par accord des parties, soit en cas de partage du bureau. Ceci met quasiment fin à la formation du bureau de jugement au complet (4 conseillerEs). Et cette décision ne sera pas susceptible d’appel.

 

Véritable encadrement disciplinaire des conseillerEs, une nouvelle procédure est mise en place en vue de prononcer la déchéance du mandat d’un conseillerE ainsi que pour faire reconnaître l’existence d’une « faute disciplinaire ».

 

Une commission nationale de discipline est instaurée, composée de juges professionnels (alors que jusqu’à présent, les conseillerEs devaient s’expliquer devant leurs pairs). Des exigences de « dignité » et de « probité » sont ajoutées... Extrêmement floues et subjectives ! Un devoir de réserve est même créé. Enfin, pas question de faire grève : celle-ci sera désormais limitée, comme pour les juges professionnels.

 

Enfin, il y a la place de l’avocat et du défenseur syndical. La représentation deviendrait obligatoire en appel, soit par un avocat soit par un défenseur syndical, c’est-à-dire un salariéE mandaté par une organisation syndicale. Celui-ci intervient sans protection contre le licenciement, mais est soumis à d’importantes obligations, sous peine d’être radié de la liste.

 

Avec l’ensemble de ces mesures, le gouvernement veut donc retirer aux salariéEs les quelques outils juridiques dont ils disposaient encore pour se défendre.

 

1 – Pour avoir mis en cause l’accord sur les 35 heures, l’inspectrice du travail Laura Pfeiffer subit depuis presque deux ans les pressions, le harcèlement conjugués de son administration et de la société Tefal (cf Libération N° 10392 mercredi 15 octobre 2014)

DOSSIER "LA LOI MACRON"

 

 

La loi Macron vise à faciliter l’exploitation des salariéEs mais aussi à ouvrir de nouveaux champs au capital, dans la droite ligne des directives de la Commission européenne.

 

Il s’agit tout d’abord de permettre à la grande bourgeoisie de réaliser quelques profits supplémentaires au détriment de la petite, en investissant le marché du droit.

 

Ce marché est aujourd’hui cloisonné, car seuls les membres d’une même profession réglementée – notaire, avocat, commissaire-priseur, etc. – peuvent détenir les titres des sociétés au sein desquelles est exercée la profession.

 

Le projet de loi prévoit donc l’ouverture du capital de ces sociétés qui, associée à une libéralisation de l’installation des notaires, à un élargissement du ressort territorial dans lequel peuvent plaider les avocats et à une révision des tarifs, devrait favoriser le développement des grosses structures. Voilà pourquoi les membres de ces professions, d’habitude peu portés sur la mobilisation collective, se retrouvent dans la rue par dizaine de milliers.

 

Profits partout, justice (sociale) nulle part !

 

Mais surtout, le ministre-­banquier veut étendre la logique de la production pour le profit à des secteurs qui en étaient jusqu’ici relativement préservés. Certains sont relativement réduits, comme l’examen du permis de conduire qui serait confié à des entreprises privées pour la partie théorique et le permis poids lourd, avec une hausse probable du coût pour l’usagerE.

 

D’autres représentent potentiellement des profits beaucoup plus juteux. C’est le cas du transport par autocar entre les grandes villes, jusqu’ici interdit hormis dans le cadre de liaisons internationales.

 

Le gouvernement prend prétexte de la cherté des billets de train pour déréglementer le transport par bus, et soumettre ainsi la SNCF – déjà mise à mal par les réformes successives – à une nouvelle concurrence. L’issue n’est pas difficile à deviner : moins de passagerE dans les trains, donc un établissement public plus déficitaire et des billets de train plus chers...

 

C’est aussi le cas des aéroports. Après celui de Toulouse, dont le capital a été en partie cédé à un consortium formé d’un groupe chinois immatriculé dans les paradis fiscaux et d’un groupe canadien radié par la Banque mondiale pour des faits de corruption, le projet de loi prévoit la privatisation des aéroports de Nice et de Lyon. Ce faisant, c’est une véritable rente que le gouvernement « pro-business » de Valls s’apprête à concéder. Les aéroports sont en effet placés de facto en situation de monopole : ainsi l’aéroport de Toulouse ­Blagnac a par exemple généré près de 10 millions d’euros de profits lors de son dernier exercice comptable.

 

Ces projets sont d’autant plus scandaleux qu’un rapport de la Cour des comptes vient de démontrer que, pour des infrastructures similaires, les autoroutes, la privatisation – initiée par le gouvernement Jospin et complétée par Villepin – a abouti à une hausse continue des tarifs et à générer des profits gigantesques (7,6 milliards d’euros de recettes en 2011) sur le dos des automobilistes.

 

Alors que la dénonciation anticipée des contrats et la renationalisation des autoroutes est réclamée jusque dans les rangs du PS, la loi Macron ne contient sur ce point que de timides mesures visant à encadrer l’évolution du prix des péages.

 

Les Vinci et autres Eiffage peuvent se rassurer :

avec Macron, leurs rentes sont bien gardées !

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 19:23
DES MILLIONS DANS LES RUES CONTRE LE TERRORISME ET LE RACISME , POUR LA DEMOCRATIE ET NOS DROITS, NON A L'UNION NATIONALE, NON AUX LOIS SECURITAIRES !

L'attentat dans les locaux de Charlie Hebdo puis la prise d'otages antisémite Porte de Vincennes sont des actes de pur terrorisme. Les millions de personnes dans les rues ce week-end ont exprimé d'abord leur inquiétude, leur tristesse et l'attachement à la liberté d'expression.

La plupart ont aussi exprimé le refus de se laisser entraîner dans la spirale de la stigmatisation. Au-delà des motivations différentes, parfois contradictoires qui ont animé les millions de manifestants du week-end, le refus de l'emballement raciste était bel et bien présent.

Contre l’union nationale derrière les « saigneurs du monde »

Le NPA a appelé et participé à des manifestations dans plusieurs villes mais ne s'est pas associé à la « marche républicaine » convoquée dimanche à Paris par le gouvernement.

 

Nous avons refusé, avec d'autres, l’instrumentalisation et la manipulation orchestrée par Hollande et Valls, associés à Sarkozy et l'UMP, dans une union nationale construite pour tenter de faire croire à des intérêts communs entre ceux d’en haut et ceux qui subissent leur politique.

 

A l'union nationale s'ajoutait l'union internationale.

 

Tous les « saigneurs du monde » s’étaient donné rendez-vous pour défiler aux côtés de Hollande, Valls et Sarkozy : Netanyahou, le premier ministre hongrois populiste et xénophobe Orban, le représentant de Poutine qui emprisonne et tue des journalistes, des dictateurs africains comme Ali Bongo, du premier ministre truc qui a longtemps soutenu Daesh face aux Kurdes, les premiers ministres britannique, espagnol, italien et grec, tous grands champions de l’austérité et des politiques racistes…

 

Cette mise en scène pourrait simplement donner envie de vomir. Mais elle illustre au niveau national comme au niveau international la volonté des gouvernants de préparer le terrain à de nouvelles guerres, à de nouvelles attaques contre les libertés individuelles et collectives et contre les droits démocratiques. Valls parle d'une « guerre contre le terrorisme », Pécresse réclame un « Patriot Act » et Sarkozy évoque « une guerre déclarée à la civilisation ».

 

Pour la solidarité entre les travailleurs et les peuples

Nombreux sont les manifestantEs qui sont descendus dans la rue malgré les organisateurs de cette manipulation ; d'autres ont refusé d'obéir à l'injonction de communion nationale. Les unEs et les autres doivent désormais se mobiliser ensemble contre toutes les mesures liberticides, sécuritaires et contre les opérations guerrières. Nous mobiliser aussi pour nos droits, en particulier contre la loi Macron.

 

C'est la seule façon de ne pas laisser l'initiative au gouvernement et aux forces réactionnaires, au FN parce qu'il y a fort à craindre qu'en bout de course ce soit lui qui sorte renforcé.

 

La course de vitesse engagée depuis longtemps déjà entre la catastrophe sociale et politique produite par la guerre de classe menée par les capitalistes d'une part et les capacités de résistances des exploitéEs et des oppriméEs d'autre part, s'accélère brutalement. Le pire est possible.

 

C'est pourquoi le NPA tentera de prendre des initiatives unitaires le plus largement possible contre le racisme et contre la politique du gouvernement. Il est urgent que les salariés, la jeunesse, les classes populaires, s'expriment de façon indépendante de tous ceux qui mènent une guerre sociale et impérialiste contre les travailleurs et les peuples.

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 20:30

Conférence-débat avec Julien Salingue,

"Etat palestinien", campagne de boycott d'Israël :

quel avenir pour la Palestine ? 

Faculté des Lettres (29 Bd Gergovia, Clermont-Fd), Amphi 120,

mardi 20 janvier 2015 à 20h

ETAT PALESTINIEN, CAMPAGNE DE BOYCOTT D'ISRAEL : QUEL AVENIR POUR LA PALESTINE ?.

à l’invitation de l’UNEF et de l’AFPS 63, avec le soutien de 18 organisations du collectif Palestine 63

https://fr-fr.facebook.com/events/1510587692535384/

https://www.facebook.com/Palestine63Solidarite


 

Le 13 septembre 1993, la poignée de mains entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin, entérinant les « accords d’Oslo » sur la pelouse de la Maison Blanche, suscitait l’enthousiasme international : le conflit entre Israël et les Palestiniens allait enfin être résolu et un accord de paix définitif serait rapidement trouvé, qui déboucherait sur la coexistence de deux États.

Deux décennies plus tard, la perspective d’une paix négociée entre Israël et les Palestiniens n’a probablement jamais été aussi éloignée, mais nombreux sont les acteurs qui tentent régulièrement de ranimer, contre toutes les évidences, un « processus de paix » en état de mort clinique.

Suite aux échecs des accords d’Oslo, et à la deuxième intifada palestinienne, 172 organisations représentant la société civile palestinienne ont lancé en 2005 la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) pour faire pression sur Israël jusqu’au respect des droits nationaux du peuple palestinien : fin de la colonisation de la Palestine, égalité des droits pour les Palestiniens d’Israël, et application du droit au retour des réfugiés voté par l’ONU lors de la création de l’Etat d’Israël. Cette campagne se renforce dans le monde entier, en particulier suite aux massacres de Gaza en 2009, 2012 et 2014.

 

Alors que la colonisation de la Palestine se poursuit (Cisjordanie et Jérusalem-Est), que le blocus de Gaza n’est pas levé et que les massacres de l’été 2014 n’ont pas été sanctionnés, que les provocations des extrémistes et du gouvernement israéliens s’intensifient et provoquent la révolte de la population palestinienne, que plus de 7.000 prisonniers politiques attendent leur libération, que la discrimination à l’encontre des Palestiniens vivant en Israël s’intensifie et que la question des réfugiés reste entière, de nouveaux Etats européens (mais pas la France à ce jour) reconnaissent « l’Etat de Palestine ».

 

Comment les Palestiniens peuvent-ils faire face à la dégradation de leur situation, et utiliser au mieux ces différentes évolutions pour progresser vers la réalisation de leurs droits nationaux ?

 

A l’issue du débat, J Salingue dédicacera son dernier ouvrage "La Palestine d'Oslo. Anatomie de l'échec du processus de construction étatique palestinien" (2014, L'Harmattan)

 

Une rencontre aura aussi lieu avant la conférence,

à la Librairie des Volcans, mardi 20 janvier à 17h,

pour la présentation de cet ouvrage.

 

AFFICHE

 

ETAT PALESTINIEN, CAMPAGNE DE BOYCOTT D'ISRAEL : QUEL AVENIR POUR LA PALESTINE ?.

TRACT

ETAT PALESTINIEN, CAMPAGNE DE BOYCOTT D'ISRAEL : QUEL AVENIR POUR LA PALESTINE ?.
ETAT PALESTINIEN, CAMPAGNE DE BOYCOTT D'ISRAEL : QUEL AVENIR POUR LA PALESTINE ?.
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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 20:50

COMMUNIQUE DU NPA DU 11 JANVIER 2015

UNE MAREE HUMAINE D'INDIGNATION MAIS UNE ENORME MANIPULATION D'ETAT AU NOM DE L'UNION NATIONALE

Des millions de personnes ont défilé ce week-end dans toute la France en réaction à l’attaque de Charlie Hebdo et de la prise d’otages. La plupart ont manifesté pour la liberté d’expression, contre l’antisémitisme et tous les racismes. Des combats et des aspirations que nous partageons, comme nous partageons l’indignation, la tristesse et la révolte de l’immense majorité des manifestants.

 

Le NPA avait décidé de ne pas s’associer à la marche qui s'est tenue aujourd'hui à Paris pour ne pas participer à l’instrumentalisation et à la manipulation orchestrée par Hollande et Valls au nom de « l’Union nationale » construite pour tenter de faire croire à des intérêts communs entre ceux d’en haut et ceux qui subissent leur politique. Tous les « saigneurs du monde » ou leurs représentants s’étaient donné rendez-vous pour défiler.

 

Ainsi, aux côtés de Hollande, Valls et Sarkozy, étaient présents, Netanyahou, le fasciste Orban et le représentant de Poutine qui emprisonne et tue des journalistes, des dictateurs africains, les premiers ministres britanniques, espagnols, italiens et grecs, champions de l’austérité et des politiques racistes, les meilleurs défenseurs de la Troïka et de l’OTAN... Bien des manifestants ont d’ailleurs exprimé leur refus de la récupération par le pouvoir.
 

Dans quelques villes, les manifestations ont condamné l’attaque de Charlie hebdo et ses suites, tout en se positionnant contre les politiques islamophobes et répressives, aliments essentiels du racisme en France.
 

Pour le NPA, la lutte pour la liberté d’expression et les droits démocratiques, contre le racisme est indissociable de la lutte contre l’islamophobie et l’antisémitisme, contre les lois répressives, contre la politique du gouvernement, les mesures anti-sociales et les interventions militaires impérialistes.

 

Nous continuons ce combat qui va s’intensifier du fait de la politique du gouvernement. L’union nationale qu’il tente de construire est un piège qui flatte les préjugés chauvins et xénophobes contre les aspirations de la grande majorité de celles et ceux qui sont descendus dans la rue. Elle vise à imposer au monde du travail une politique au service du grand patronat et des banques.

 

C'est pourquoi le NPA tentera de prendre des initiatives unitaires le plus largement possible. Il est urgent que les salariés, la jeunesse, les classes populaires, s'expriment de façon indépendante de tous ceux qui mènent une guerre sociale et impérialiste contre les travailleurs et les peuples.

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 17:35

Communiqué de Alternative Libertaire (AL),

Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA),

Parti Communiste des Ouvrier de France (PCOF)

DU 10 JANVIER 2015

 

 

Le carnage perpétré au siège de Charlie Hebdo a suscité une vague d'indignation et de colère parfaitement légitime que nous partageons. Nous condamnons sans réserve ce massacre qui vise à semer la terreur et à réduire au silence des journalistes qui défendaient la liberté d’expression. 
 

Nos pensées vont tout d'abord aux proches des victimes et nous leur exprimons tout notre soutien.

 

Tout laisse à penser que cette attaque est l’œuvre de fascistes religieux qui rêvent d’imposer leurs illusions mortifères à la société. Nous devons être très clairs en dénonçant sans réserve ce fanatisme. Nous combattons tous les fascismes, qu’ils prospèrent sur fond de nationalisme ou d’obscurantisme, et quels qu'en soient les guides ou les prophètes.

 

Ils veulent terroriser, provoquer délibérément l’horreur et la peur, créer une situation de tension extrême. En celà ils sont parfaitement complices du FN et de l'extrême droite.

 

Et comme nous le redoutions, nous constatons dès à présent que cette tuerie sert de prétexte pour alimenter les discours racistes et justifier des attaques contre des lieux de culte musulmans.
 

Nous entendons déjà les scribouillards réactionnaires et les politiciens opportunistes reprendre en boucle la théorie fumeuse du "choc des civilisations" et profiter de cet événement pour renouveler leurs charges contre les immigré-es, les étranger-es, les musulman-es.

 

Nous ne sommes pas moins choqués de la récupération politique en particulier par le gouvernement Hollande. L’appel à « l’unité nationale » n’est rien de moins qu’une vaste opération de confusion visant à justifier : les interventions militaires de la France en Irak, au Mali, en Centrafrique.

 

Le but premier de ces interventions étaient de protéger les intérêts impérialistes des entreprises françaises dans ces régions et les dictateurs en place, pas de combattre le djihadisme, que la France n’a pas hésité à armer dans d’autres situations une nouvelle offensive liberticide.

 

Comme après le 11 septembre 2001, les gouvernements en place vont sous couvert d’antiterrorisme imposer de nouveaux dispositifs de fichages, qui ont montré depuis qu’ils étaient majoritairement utilisés contre les militant-e-s politiques et syndicaux.

 

la politique antisociale du gouvernement. En surfant sur le choc émotionnel qui nous touche toutes et tous, Valls et Hollande entendent bien faire passer au second plan leur politique austéritaire, en particulier le projet de loi Macron, qui sera présenté à l’Assemblée nationale fin janvier et prévoie son nouveau lot de remises en cause des moyens de défense des salarié-e-s (prud’hommes, inspection du travail…), de facilitation des licenciements, de banalisation et de baisse de la rémunération du travail de nuit et du dimanche.

 

Plus généralement, parmi les forces politiques qui s’indignent aujourd’hui, bon nombre sont en grande partie responsables du climat délétère de par leur stigmatisation des travailleurs-ses immigré-e-s et de leurs enfants, en particulier lorsqu’ils sont supposés musulmans.

 

Cette récupération est d’autant plus indigne que les journalistes de Charlie Hebdo assassinés n’hésitaient pas à condamner les politiques des Hollande, Sarkozy ou Le Pen. S’il avait fallu écouter le PS et l’UMP, le FN aurait dû être invité à leur « marche républicaine » de dimanche.

 

Qu’auraient pensé de tout cela les journalistes assassinés?  

 

Nous regrettons la transformation de la manifestation de dimanche prochain, initiée par les organisations antiracistes, en une « marche républicaine » dont Valls se voudrait l’organisateur et où Sarkozy défilera.

 

Farouches opposants de « l’unité nationale » pour les raisons décrites plus haut, nous ne participerons pas à cette marche. Il est de toute première urgence que celles et ceux qui sont révolté-e-s par cet attentat fasciste et refusent de défiler derrière Sarkozy et Valls, qui veulent résister au racisme et combattre les discriminations, qui s'opposent aux politiques sécuritaires et liberticides se regroupent et reprennent l'offensive.

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 17:34

 

L'attaque à l'arme lourde qui a fait 12 morts dans les locaux du journal Charlie Hebdo à Paris suscite dans tout le pays l'émotion, l'indignation, la colère et la révolte. Cette attaque terroriste est insupportable. L'exécution des salariés et des dessinateurs du journal est un crime qui nous vise toutes et tous, un crime contre la démocratie et la liberté d'expression. Notre solidarité est pleine et entière avec les victimes de cette folie meurtrière.

 

Ceux qui ont commis ces crimes veulent terroriser, provoquer délibérément l’horreur et la peur, créer une situation de tension extrême, précipiter l’affrontement et la radicalisation. Le danger est immense de voir le racisme et l’islamophobie déferler. D’ores et déjà les actes contre les musulmanNEs (attaque contre des mosquées, agressions…) se multiplient. Il est décisif d’y opposer une condamnation et une résistance sans concession. Plus que jamais nous devons combattre toutes stigmatisations, toutes discriminations. Il faut aussi refuser toutes les mesures sécuritaires et liberticides.

 

Hollande appelle à l'union nationale, le PS, l'UMP organisent dimanche des marches d'union nationale auxquelles le FN, reçu par Hollande le 9 janvier, a demandé à être invité. Les uns et les autres cherchent ainsi à masquer leur propre responsabilité dans la dégradation sociale et politique, le climat délétère que nous connaissons aujourd'hui. Tout en s'en défendant, ils cultivent un climat xénophobe et raciste, la peur de l'étranger, la peur de l'autre, terreau de la haine. Ils veulent ainsi diviser les classes populaires, les soumettre à leur politique, à leur ordre social qui engendrent la barbarie qu'ils prétendent combattre. Le comble du cynisme revient à Marine Le Pen qui a fait de la xénophobie, de la dénonciation des immigrés et des étrangers son fonds de commerce.

 

Une politique qui engendre le désespoir et la barbarie

 

Cette violence meurtrière et barbare ne vient pas de rien. Elle se forme au cœur de la violence sociale et morale que connaît une large fraction de la jeunesse des quartiers, la violence du racisme et de la xénophobie, des discriminations, la violence du chômage et de l'exploitation. Cette violence barbare est l'enfant monstrueux de la guerre sociale que mènent la droite et la gauche au service de la finance.

 

Et aussi des guerres contre les peuples qui se sont enchaînées depuis la première guerre contre l'Irak, en Afghanistan, en Libye, en Afrique, en Syrie. C’est aussi la guerre engagée depuis des décennies contre le peuple palestinien. Des guerres qui ne visent qu'à maintenir la domination des multinationales, leur droit à piller les richesses alimentent ainsi les pires fondamentalismes réactionnaires.

 

Cette violence militaire barbare engendre une autre violence barbare. Il n'y a pas de réponse à la décomposition sociale dont le crime contre Charlie Hebdo est la dramatique expression sans combattre les politiques qui l'engendrent.

 

Pour la solidarité entre les travailleurs et les peuples

 

Notre solidarité avec Charlie Hebdo, avec les victimes de ce crime terroriste odieux dont certaines ont été souvent partie prenante de nos combats, c'est la lutte contre toutes les bêtises réactionnaires qui dressent les hommes et les peuples les uns contre les autres, contre tous les préjugés obscurantistes. La démocratie et la liberté d'expression ne se divisent pas, pas plus que le respect des hommes, des peuples ou de la vie humaine.

 

C'est pourquoi, sur nos lieux de travail et d'études, sur nos lieux d'habitation nous pouvons discuter, nous rassembler, manifester pour construire la solidarité nécessaire pour faire vivre la démocratie et la liberté, en toute indépendance des forces réactionnaires et du gouvernement.

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